L’Université dite « catholique » de Louvain, celle dont les « théologiens » et certains étudiants soi-disant « catholiques » avaient voulu donner des leçons au Pape François qui leur avait rappelé en 2024 la théologie de l’Eglise sur l’avortement, continue à donner dans le n’importe quoi intégral. Lors de la messe d’ouverture de l’année académique le 16 septembre dernier, des versets du Coran ont été récités en pleine messe, la rendant de fait invalide; il y a par ailleurs eu une bénédiction en hébreu et des prières prononcées par des pasteurs anglicans et protestants.
La célébration était « présidée par le jésuite Jacques Haers. Pendant la célébration, un jeune homme s’est placé devant l’ambon et a chanté en arabe les versets 69 et 70 de la sourate 26 du Coran, Les poètes, correspondant au passage où Abraham demande à son père et à son peuple ce qu’ils adoraient. Parmi les présents se trouvait monseigneur Luc Terlinden, archevêque de Malines-Bruxelles, ainsi que d’autres représentants ecclésiastiques« , précise Infovaticana.
La récitation du Coran en pleine messe n’est pas assimilable à une bénédiction
L’intervention islamique était préparée à l’avance, et les versets séléctionnés par la mosquée étudiante, a assuré un représentant de l’université. « La décision d’incorporer ces interventions relève de la Paroisse universitaire « en consultation avec le Rectorat et les évêques flamands ». L’institution a défendu sa présence comme un geste de caractère « œcuménique et interreligieux » par lequel elle entend exprimer une vision de « paix et de réconciliation » entre peuples et traditions religieuses. KU Leuven a précisé en outre qu’il ne s’agit pas d’une pratique introduite cette année. Selon l’université, depuis environ une décennie la Paroisse universitaire invite des représentants des traditions religieuses et philosophiques avec lesquelles elle entretient des relations à donner une bénédiction tant lors de la Messe d’ouverture de l’année que lors de la célébration de la fête patronale de l’institution« .
Néanmoins l’Université de Louvain joue sur les mots, à en déplacer le sens – il n’y a rien à voir entre une bénédiction donnée avant ou après la messe, et la récitation de sourates du Coran en plein milieu de celle-ci, devant les autorités religieuses et académiques de Flandre.
Une association étudiante dénonce la dénaturation de la messe catholique sous couvert de dialogue interreligieux
Les images de la « messe« , très probablement invalides du fait des diverses interventions non catholiques, ont été diffusées par l’association étudiante flamande catholique KVHV Leuven (Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond), qui a dénoncé une dénaturation similaire de la messe de rentrée l’an dernier, et considère que « le dialogue interreligieux doit se développer dans les espaces académiques destinés à l’échange d’idées et non au sein de la célébration eucharistique« .
Quant aux évêques flamands, qui s’obstinent depuis des années à vouloir bénir les couples homosexuels, quitte à dénaturer Fiducia Supplicans pour proposer un « canevas de prière commun » (ce que le texte interdit précisément), le tout en profitant comme leurs collègues du schisme allemand, de la complaisance totale de Rome, il n’était guère étonnant qu’ils valident l’apostasie en direct.
Par ailleurs cette célébration peut être aussi un ballon d’essai pour la liturgie post-synodale, une messe encore plus « moderne » que le novus ordo, sur laquelle travaillent certains théologiens – ultra-progressistes bien sûr – qui veulent échapper à leur propre finitude et laisser une trace dans l’Histoire (hélas). Parmi les idées mises en avant – insérer dans cette messe des citations issues d’autres traditions religieuses (islam, hindouisme etc.), ce qui va vers une religion mondiale, mais aussi rendrait cette messe automatiquement invalide… en l’état actuel de la théologie.

C’est la suite logique de Nostra Aetate Assise et Abu Dhabi. L’Église de Belgique est tombée tout aussi bas que celle d’Allemagne. Tant que que Rome ne prendra pas de mesures énergiques et restera inerte face à ces évêques hérétiques la situation ne fera que s’aggraver.
Il faut bien comprendre que, au sein et à la tête de l’Eglise catholique, nous sommes passés, entre l’année 1962-1963 et l’année 2012-2013, d’une dynamique officielle de conciliation avec la modernité libérale notamment post-kantienne, sous l’impulsion de Jean XXIII et de Paul VI, à une dynamique tout aussi officielle de conformation à la postmodernité pluraliste quasiment anti-occidentale, sous l’impulsion de François.
Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont fait de l’Eglise du Concile et d’Assise une Eglise équivoque, en ce qu’elle n’a été
– ni anti-libérale ad extra en matière religieuse, d’où le dialogue interconfessionnel et le dialogue interreligieux, – ni officiellement philo-libérale ad intra, en matière de morale et de sacrements,
et ils ont cru que cette équivoque serait synonyme d’équilibre.
Mais, encore plus depuis François que depuis, par exemple, l’apostasie de Tibhirine, bien des clercs n’en sont plus à cette équivoque officiellement synonyme d’équilibre, d’où l’accélération et l’amplification
– de la « décolonisation » des esprits, enfin « libérés » à l’égard de ce que nous devons, entre autres, à St Augustin et à St Thomas,
et
– de la pseudo « émancipation » de ces esprits, enfin « éclairés », en l’occurrence par le confusionnisme diversitaire islamico-conciliaire.
Cela ralentira le jour où les artisans et les partisans de cette dynamique se heurteront au mur du réel, ou à de l’énergie et à de la fermeté, pacifiques et non pacifistes, en provenance de catholiques traditionnels.
Mais il faut réapprendre à appeler « un chat, un chat », au sein de l’Eglise catholique, occupée par les esprits du Concile et d’Assise, par l’inclusivisme et par la synodalité, alors qu’il est de notoriété publique qu’il est quasiment interdit d’appeler « un chat, un chat », à chaque fois que c’est jugé en contradiction avec la conception inclusive et synodale du discernement évangélique et de la sacro-sainte évolution des mentalités.