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Abus chez les Lassalliens : plus de 350 victimes et 100 auteurs d’abus identifiés

Par Nominoe — 18 septembre 2026

Il n’est pas étonnant que l’association des victimes MVR n’ait même pas reçu de réponse de la CEF ou de Rome : difficile de plaider l’erreur individuelle ou l’auteur d’abus isolé quand la libération de la parole des victimes des Lassalliens afflue à ce point : à ce jour, 350 témoignages ont été reçus, plus de 100 prédateurs identifiés dans 58 établissements français et belges de la congrégation à ce jour. Ce qui s’appelle un caractère « systémique » et conforte au passage les chiffres de la CIASE, rudement critiqués il y a à peine cinq ans…

« L’association affirme avoir recueilli 350 témoignages de violences sexuelles et physiques dans 58 établissements et dit avoir identifié plus d’une centaine d’auteurs présumés. La particularité de ce collectif devenu association loi 1901 : ne pas être consacré à un seul établissement mais à une congrégation catholique. Leur travail porte sur le premier réseau d’enseignement congréganiste de France, le réseau La Salle« , qui compte encore 150 établissements à ce jour en France. En grand déclin, la congrégation ne compte plus qu’une centaine de frères, mais son responsable d’aujourd’hui, le frère Claude Reinhardt, comme celui d’hier – avant début juillet, le frère Gentric, sont passés par des établissements où des abus ont été commis, à Reims et Quimper.

D’un établissement à l’autre, les abus se recoupent – et parfois même les parcours des frères, simplement mutés quand ils devenaient trop connus pour leur perversion dans un internet : « selon l’association, les faits décrits se recoupent d’un établissement à l’autre. Des « tortures blanches » : longues immobilisations, à genoux sur des règles, un dictionnaire dans chaque main, beaucoup de privations de nourriture, des punitions sexualisées, fessées, déculottées, des actes dégradants et douloureux. Philippe Chemineau était au collège Saint-Augustin de Saint-Germain-en-Laye : « J’ai été abusé sexuellement lors de la confession, comme Jean-Christophe Komorowski à Garaison. Son témoignage m’émeut beaucoup. On était côte à côte avec un Frère, sur le même banc. Il me prenait par l’épaule, me collait physiquement, me demandait de lui raconter mes péchés. Il caressait ma main, mes cuisses, avec des questions perturbantes : penses-tu au sexe de tes camarades ? De ta sœur, de ta mère ? Je pense que ça l’excitait. Un prof de gym nous fessait avec son sifflet attaché à une corde. On avait des marques.« 

Vers un procès au civil

Les faits étant pour l’essentiel prescrits – à part les affaires les plus récentes concernant le réseau Lassalien à Reims, Bordeaux ou Perpignan – l’association MVR envisage une procédure civile : « D’habitude c’est au pénal contre le prédateur et les faits sont souvent prescrits, précise Geneviève, porte-parole de MVR. Là, nous allons au civil, contre la congrégation qui est une personne morale. Comme les faits et les violences sont systémiques, on peut faire ça. On attaque la congrégation pour défaut de surveillance ». Deux avocats s’occupent de l’affaire et l’association y place beaucoup d’espoir. « Il n’y a rien de pire que d’inciter les victimes à parler et de rien mettre au regard de cette parole », reconnaît Jean-Christophe Komorowski« .

Pibrac : un appel à témoignages

Une des victimes de la congrégation, dans son établissement de Pibrac, a lancé mi-septembre un appel à témoignages dans la presse locale :  »Jean-Christophe Komorowski a aujourd’hui 62 ans. Il est professeur universitaire à Paris. Il a passé une partie de sa scolarité dans cette école de Pibrac, du CM1 jusqu’à la 6e. Il dénonce des violences subies de 1972 à 1975.

« J’ai vécu des actes qui s’apparentent à de la torture ou de la barbarie. Au début, on était tiré par les cheveux, les oreilles. Puis, c’était les gifles. On nous obligeait à nous agenouiller sur l’arête de l’estrade durant des heures. Et puis, l’autre punition, que j’apparente à un acte de torture, c’était de porter une chaise à bout de bras au-dessus de ma tête pendant de longues heures », raconte-t-il. Il dénonce un « système de terreur » appliqué dans cet établissement comme dans d’autres du réseau des écoles lasalliennes. « Tous les élèves n’ont pas subi les mêmes violences. Il y avait ceux qui subissaient les actes physiques et ceux qui étaient terrorisés, témoins. Cela concernait tout le monde. »

Mende : une victime des Lassaliens interpelle le Pape

Une fois de plus, en ignorant les victimes de ce qui est aujourd’hui la plus grande affaire d’abus sexuels en France, l’Eglise se crée des ennemis. A Mende, l’une des victimes des Lassaliens a interpellé le Pape Léon XIV devant la cathédrale, en présence des médias locaux, et a demandé qu’il paraphe sa demande d’apostasie – ce qui semble canoniquement impossible, le baptême étant donné une fois pour toutes, et ne pouvant être effacé – quant au Conseil d’Etat, il a reconnu en 2024 que l’Eglise était juridiquement fondée pour refuser les demandes d’effacement de baptêmes, et que cela n’entravait pas la législation RGPD européenne. Néanmoins les jurisprudences sont différentes dans d’autres pays européens, notamment en Belgique qui connaît plusieurs milliers de demandes de « débaptisation » par an.

« Reconnu par la commission reconnaissance et réparation, il a déposé trois plaintes : contre son agresseur présumé, décédé en 1990, contre la congrégation des Frères des écoles chrétiennes et contre l’Éducation nationale. « J’ai été violenté physiquement et psychologiquement et violé à l’école Saint-Privat de Mende par la personne connue sous le nom du frère Paul en 1983. J’avais 7 ans. Oui, 7 ans », rappelle-t-il.

 Vêtu de blanc, il a sorti sa médaille de baptême avant de la déposer au pied de la cathédrale. « Pour symboliser cette sortie, voici cette médaille. Elle m’a été offerte par ma marraine lors de mon baptême et je l’abandonne au pied de cette cathédrale », explique-t-il. Puis il s’adresse directement au souverain pontife : « Monsieur Léon XIV, je vous demande publiquement de signer mon apostasie de votre main ». [Il] dit avoir longuement réfléchi à ce geste. « Je suis athée. Spirituellement, ça ne représente rien pour moi. Mais administrativement, ça représente beaucoup, puisque je quitte la communauté ». Pour lui, cette décision marque une rupture avec une appartenance reçue dès l’enfance. « C’est un héritage familial. Ce sont mes parents qui m’avaient baptisé, j’avais deux mois. Je n’avais rien demandé. Donc aujourd’hui, je m’affirme. »

3 commentaires

  1. TD
    18 septembre 2026 à 18h54

    Vous n’allez pas non plus faire l’apologie de l’apostasie.Rien ne justifie l’apostasie, pas même le mauvais comportement des prêtres. L’apostasie est un acte d’une immense gravité qui conduit à la damnation.

    1. Nominoe
      18 septembre 2026 à 20h57

      Non bien sûr. Mais il n’y aurait pas eu d’apostasie si l’Eglise l’avait écouté…

  2. TD
    19 septembre 2026 à 6h51

    Il n’y aurait surtout pas d’apostasie s’il n’y avait pas eu ce satanique concile Vatican II qui a détruit l’Eglise de fond en comble. Ce concile est l’œuvre de Satan. Depuis Vatican II c’est l’apostasie générale.

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