Par sa tribune dans la Croix contre la messe traditionnelle, Mgr Eychenne a aussi largement donné dans la mauvaise foi et la suspicion qui caractérisent certains évêques hostiles à la messe traditionnelle et prompts à célébrer le novus ordo… même en l’absence de fruits, ou à dégainer l’argument de l’obéissance face à toute critique ou voix différente.
Paix Liturgique s’attarde sur ce versant du problème : « Dans notre Lettre n°1411 nous avions relevé la condescendance avec laquelle Mgr Eychenne appelait à la rééducation des fidèles attachés au Vetus Ordo afin qu’ils sortent de leur entêtement et découvrent enfin « l’extraordinaire patrimoine » de la réforme liturgique. La Tribune de l’évêque de Grenoble-Vienne, publiée le lundi 24 août dans La Croix, au sein de la rubrique « A vif/l’espace du dialogue » et intitulée Libéraliser la liturgie (ancienne) serait distiller le virus de la défiance, fera date. Ce texte résume en effet lui seul près de soixante ans de mauvaise foi épiscopale quant au développement de l’écosystème traditionnel.
Culpabiliser, Suspecter, Réprimander
Cette mauvaise foi de l’autorité ecclésiastique si souvent prompte à l’autocélébration des fruits du concile Vatican II, nous la mettions en évidence en citant un extrait du Révérence Père Bruckberger dans sa Lettre à Jean-Paul II pape de l’an 2000 (Stock, 1979). Ce dominicain indomptable, à la plume pleine de verve et haut en couleurs, n’hésitait pas à mettre ses pieds dans le bénitier : « La réforme liturgique issue du dernier concile est un fiasco. Nos évêques, eux, n’en sont nullement troublés. (…) « Même si elle devait entraîner la mort du patient, nos évêques nous forceraient à tenir la bouche ouverte, jusqu’à ce que toute la potion soit avalée. » (Voir la Lettre n°1413)
Il nous apparaît néanmoins qu’un autre et ultime point mérite d’être décortiqué. L’argument massue, au sens propre, d’autorité auquel recourt Mgr Eychenne dans sa Tribune. « Il n’y a plus de transmission possible si l’on ne reconnaît pas une autorité s’imposant à nous. » L’injonction à l’obéissance adressée aux fidèles coutumiers de la messe traditionnelle laisse pantois dans sa faiblesse démonstrative, elle a le goût d’un mauvais coup de matraque. D’autant lorsque le pape Benoît XVI précisait dans sa lettre aux évêques accompagnant son Motu Proprio Summorum Pontificum un élément d’une importance capitale : « ce Missel n’a jamais été juridiquement abrogé ». Benoît XVI rappelait ainsi que si la messe traditionnelle avait pu être interdite de fait, elle ne l’avait jamais été de droit.
Mais pour Mgr Eychenne, ce n’est pas assez d’accuser « d’entêtement » l’univers traditionnel pour sa préférence du rit tridentin. L’évêque lui reproche de ne pas embrasser avec débordements la nouvelle liturgie. « Célébrer, même sans exclusive, la messe du Vetus ordo de façon habituelle » serait selon lui une pente glissante conduisant de façon certaine à la désobéissance au siège de Pierre. Ce positionnement constituerait « l’antichambre des affirmations parfois les plus radicales » opposées « à la dynamique ecclésiologique, anthropologique et liturgique de l’ensemble du concile Vatican II ». Culpabiliser, Suspecter, Réprimander : tel est le tiercé qu’espère gagnant certains évêques.
Or, voir comme un danger le fait de « Célébrer, même sans exclusive, la messe du Vetus ordo de façon habituelle » manifeste l’étendue de l’abîme qui s’est creusé entre le réel (les fidèles sur le terrain qui cherchent un cadre sécurisant pour la transmission de la foi) et l’idéologie des thuriféraires de la réforme liturgique (la tribune de Mgr Eychenne). Par l’exposé de sa pensée, l’évêque de Grenoble-Vienne prouve excellement (sans doute sans s’en s’apercevoir lui-même) que ce que fustigeait Benoît XVI n’avait rien d’infondé : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. » Aurions-nous tort ou raison de penser que de nombreux évêques, comme Mgr Eychenne, estiment que l’ancienne liturgie est néfaste ?
Un seul et nouveau péché : le péché contre Vatican II ?
Il n’en reste pas moins que le recours à l’argument d’autorité pour contraindre les fidèles à embrasser la réforme liturgique témoigne de la faiblesse de ses défenseurs. Les coups de pression répétés pour modifier le Credo où les baptisés ne seraient plus tenus de dire « Je crois en la sainte Eglise » mais de professer « Je crois aux réformes du concile Vatican II » finissent par agacer le fidèle du bout du banc.
Nous autres catholiques traditionnels, nous nous sentons tout à fait à l’aise en restant fidèles à la messe célébrée avant et durant le concile Vatican II. D’autant que nous savons que nombres de liturgistes, de théologiens de premier plan et de papes eux-mêmes nous ont encouragés à vivre cet attachement en toute tranquillité. Serait-ce donc un péché que d’être pris d’un enthousiasme mitigé devant « la dynamique ecclésiologique, anthropologique et liturgique de l’ensemble du concile Vatican II » ? Manquerions-nous d’objectivité en estimant que cette dynamique nouvelle ne soit pas si… dynamique que cela ?
Récemment encore le pape Léon XIV appelait lors d’une catéchèse du mercredi à « rejeter les abus liturgiques » nés après Vatican II et qui « se produisent encore de temps à autre aujourd’hui ». Mais de grâce ! Comme le peuple des fidèles serait heureux que l’autorité ecclésiale appelle un chat un chat et que ces abus soient clairement nommés et les abuseurs dûment sanctionnés. Quels sont ces abus ? Quels en sont les contours ? Qu’est-ce qu’une messe Paul VI convenablement célébrée ? Quand la liturgie nouvelle est elle-même constitutive d’un esprit de créativité, nous souhaitons bien du courage pour siffler la fin de plusieurs décennies de laisser-aller, sans que soit définie une liturgie mètre étalon !
Comme le souligne Jean-Pierre Maugendre dans son ouvrage L’obéissance en question (Via Romana, 2025) : « S’opposer au pape même dans ses domaines de compétence n’est pas obligatoirement nier son autorité ou désobéir. Ainsi saint Paul l’affirme sereinement dans son épître aux Galates, à propos des obligations de la loi mosaïque que saint Pierre voulait imposer aux non juifs qui se convertissaient au christianisme : “Quand Cephas (Pierre) vint à Antioche je lui résistai en face parce qu’il se trouvait avoir tort.” (Gal. 2, 11) » » En effet, l’obéissance chrétienne n’est jamais inconditionnelle. Le supérieur ne saurait commander ce qu’il veut. Ce dernier, au contraire, est au service de son prochain et tire sa légitimité justement dans la mesure où il contribue au bien commun.
En vérité, si nous ne sommes pas savants théologiens, nous ne nous interdisons pas de faire œuvre de bon sens en suivant une liturgie et un catéchisme traditionnel qui ont contribué à façonner des cortèges de familles chrétiennes par le passé. Il n’y a pas là l’ombre d’une désobéissance mais seulement l’expression respectueuse d’une objection de conscience.

Si l’on en croit Paix Liturgique Mgr Eychenne est le centre de la chrétienté. Mgr Eychenne ne fait que reprendre ce que veut la Rome moderniste : la disparition définitive de la messe traditionnelle. Vous n’avez jamais entendu parler du célèbre discours de Paul VI au consistoire de 1976 affirmant que la Messe traditionnelle était abolie et la nouvelle messe obligatoire ? Tous les discours de Jean Paul II faisant l’apologie de la réforme liturgique ? Et Traditionis Custodes ? C’est bien le pape François qui a sorti ce texte. Les évêques français ne sont que des lampistes. Cette question de la messe ne sera jamais résolu tant qu’on ne remontera pas aux sources : la révolution de Vatican II qui a détruit la foi catholique.
Eychenne n’est qu’un opportuniste qui ne cherche que sa gloire personnelle cardinalice.
Il a abandonné la Communauté saint Martin pour Orléans, devenu Evêque de Pamiers en attendant Touolouse. il s’est fait damer le pion par Kérimel.
Ses frères trois points évêques le voient à Paris.
R.R