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Abus : le Pape Léon XIV refuse de recevoir le collectif des victimes de Bétharram

Par Nominoe — 4 septembre 2026

En déplacement à Lourdes, le Pape Léon XIV ne recevra pas le collectif des victimes de Bétharram, à moins de 15 kilomètres. Le collectif de victimes, qui en avait fait la demande en mai dernier, a reçu une fin de non recevoir dans une lettre de la CEF et de la CORREF du 28 août dernier, où il est précisé que le Pape privilégie des « échanges interpersonnels » et recevra sept victimes, dont à priori (quand même) une victime de Bétharram à titre individuel, les instances ecclésiastiques tentant de corriger le tir après l’inévitable volée de bois vert de la part des nombreux collectifs de victimes d’abus.

Ce refus confirme les informations qui se faisaient jour depuis des mois : les instances de l’Eglise de France, toute à leur volonté de présenter un tableau idyllique d’une Eglise pourtant très mal en point et incapable de peser sur le débat public – comme en témoigne l’adoption de l’une des législations les plus permissives du monde sur l’euthanasie, à peine tempérée par l’avis du Conseil constitutionnel – ont décidé de trier les victimes et ne choisir que celles qui ne remettent pas en cause l’institution, ou la placent face aux non-dits. Pis, la liste des sept victimes – toutes reçues à titre individuel, les collectifs étant moins faciles à amadouer avec de belles promesses et plus difficiles à manipuler – serait prête depuis des mois, même avant l’été.

Le pape Léon XIV aura donc son village Potemkine. Mais devant l’Histoire, l’Eglise de France vient de faire une nouvelle faute, peut-être celle de trop.

Communiqué du collectif des victimes de Bétharram :

Le pape refuse de recevoir les victimes de Bétharram : le mépris institutionnel frappe une nouvelle fois

Le Collectif historique des victimes de Bétharram, qui regroupe plus de 200 anciens élèves, prend acte avec consternation du refus d’accorder une audience à une délégation de victimes à l’occasion de la venue du pape Léon XIV à Lourdes.

Depuis le 22 juillet 2025, nous demandons à être reçus. Notre demande, renouvelée le 22 mai 2026, était pourtant simple : quelques minutes pour prier, recevoir une bénédiction et remettre au pape cinq propositions concrètes pour protéger, réparer et prévenir.

Cette main tendue aux victimes vient d’être refusée.

Le symbole est particulièrement douloureux : le pape sera à Lourdes, à quelques kilomètres seulement de Bétharram, là où des générations d’enfants ont subi des violences.

Bétharram n’est pourtant pas une affaire parmi d’autres. Le scandale a contribué à libérer une parole longtemps étouffée et à faire émerger le #MeToo de l’enseignement catholique. Les victimes de Bétharram ont été parmi celles qui ont permis que cette réalité soit enfin regardée en face.

Aujourd’hui, alors que nous proposons le dialogue et des solutions concrètes, nous sommes écartés.

Nos propositions portent notamment sur la reconnaissance de la responsabilité de l’Église, la formation obligatoire des prêtres et des séminaristes à la prévention des violences sexuelles, physiques et psychologiques, ainsi que sur la mise en place d’un dispositif durable de prévention, d’écoute et de signalement.

Nous ne demandions pas un privilège ; Nous demandions une rencontre.

Après des décennies de silence, après avoir dû nous battre pour que notre parole soit entendue, le refus de cette audience constitue pour nous une nouvelle manifestation du mépris institutionnel dont les victimes sont encore trop souvent l’objet.

L’Église avait aujourd’hui une occasion historique : faire de Lourdes le lieu d’une rencontre avec les victimes de Bétharram, écouter leur parole et saisir leur main tendue. Elle a choisi de ne pas la saisir.

Nous le regrettons profondément et nous le dénonçons publiquement.

Pour le Collectif des victimes de Bétharram,
Alain ESQUERRE, fondateur, lanceur d’alerte et porte-parole

2 commentaires

  1. TD
    5 septembre 2026 à 9h39

    Moi ce qui me choque surtout est que le pape ait refusé tout dialogue avec la Fraternité St Pie X. L’abbé Pagliarani a demandé plusieurs fois une audience au pape et le pape a systématiquement refusé de le recevoir. Le pape François avait reçu en audience l’abbé Pagliarani. Ce refus du pape actuel de refuser tout dialogue avec la Fraternité St Pie X est bien plus grave que des faits divers.

  2. TD
    5 septembre 2026 à 9h44

    Mes excuses ma dernière phrase du précédent message est mal écrite Lire : ce refus du pape actuel de dialoguer avec la Fraternité St Pie X est plus grave que des faits divers.

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