Lu dans la lettre des Veilleurs de Paris, au sujet des va-et-vient doctrinaux et liturgiques entre Rome et les tenants du « schisme allemand » :
Le pape Léon XIV a consacré sa catéchèse du 26 août aux bienfaits sans pareil de la réforme de la liturgie : on croit rêver en entendant les mêmes discours qu’il y a 60 ans louangeant une réforme inconsistante et aplatissante. Et une réforme qui se continue.
Car, comme je vous le disais, il y quinze jours, la réforme liturgique consécutive à Vatican II, par nature, ne peut se clore. Elle avance toujours, parce que son principe d’adaptation aux hommes de ce temps le veut ainsi. Et cependant, parce que le moteur ne doit pas s’emballer, des mises en garde interviennent régulièrement. Qui n’empêchent pas les avancées…
L’aile extrême du point de vue ecclésiologique, et donc liturgique, est aujourd’hui le catholicisme allemand. Contrairement à ce que répètent maints commentateurs, il n’y a pas de risque de « schisme » ouvert, mot antique qu’on réserve à la seule FSSPX. Rome n’en veut pas, et l’Église d’Allemagne moins encore. Comme dans les cas semblables, c’est un bras de fer, ou plutôt une négociation un peu musclée qui est engagée. Un jeu complexe se déploie ainsi entre le Saint-Siège et les évêques d’Allemagne, en majorité favorables au Chemin synodal.
Le 7 juillet, Rome a fait un geste en donnant pour successeur à Mgr Hanke, évêque d’Eichstätt, qui avait atteint l’âge de la retraite et était un des rares opposants épiscopaux au Chemin synodal, Mgr Würtz, évêque auxiliaire de Fribourg-en-Brisgau, on ne peut plus progressiste.
Cette nomination tombait à point pour faire passer une pilule amère. Le 17 juin, le Dicastère pour le Culte divin du cardinal Roche, avait répondu négativement à une demande de Mgr Heiner Wilmer, président de l’épiscopat allemand, demandant un indult permettant à des laïcs mandatés, dans certaines circonstances, de remplacer le prêtre ou le diacre pour l’homélie. Rome répondait que l’homélie était réservée aux ministres ordonnés, évêques, prêtres et diacres : « L’homélie constitue un exercice du munus docendi confié aux ministres ordonnés par le sacrement de l’Ordre. »
On pourrait se demander pourquoi des laïcs ont le droit de donner la communion, mais pas de prononcer l’homélie. Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est l’homélie. De nombreuses prises de parole au cours de la célébration y ressemblent tout de même beaucoup. On veut bien que la prise de parole d’un travesti, Murray Ramirez, lors d’une « eucharistie homosexuelle », le 13 juillet dernier, dans l’église de Saint-Jean-l’Évangéliste, au diocèse de San Diego, aux États-Unis, n’ait pas vraiment été une homélie. La messe était célébrée par Mgr Ramón Bejarano, évêque auxiliaire et elle avait un thème : « Tous sont les bienvenus ». Mais les prises de paroles des laïcs chargés des enterrements dans de nombreux diocèse sont de fait très proches de prônes. Et il faut bien dire qu’il y a peu de distance entre les interventions d’un laïc, homme ou femme, chargé de l’organisation de la liturgie et celle d’un diacre permanent.
D’ailleurs, en Allemagne, les agents pastoraux – rémunérés – qui jouent un rôle de plus en plus en plus important dans la liturgie compte tenu de la pénurie de prêtres, n’ont pas l’intention de se laisser réduire au silence. Une agente pastorale de Cologne a mis en garde contre toute – admirable expression – « obéissance précipitée » (Golias, 9 juillet 2026, p. 4). Dieu nous garde d’une « obéissance précipitée » !
Au reste, en Suisse, la Conférence épiscopale a immédiatement fait remarquer que la prédication des « laïcs mandatés au service de l’Église » sont possibles lors des célébrations de la Parole, et qu’au cours de la liturgie eucharistique, ces laïcs pouvaient donner des « méditations ».
Aux États-Unis, le cardinal Robert McElroy, de Washington, a autorisé une fois par mois le « commentaire » d’un laïc, souvent une femme, durant l’Eucharistie à la paroisse jésuite de la Sainte-Trinité, à Georgetown.
D’ailleurs, le président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Wilmer, doit prochainement se rendre à Rome pour reparler de l’homélie des laïcs. Il fera remarquer qu’elles avaient été autorisées pour l’Allemagne de 1974 à 1983, le retrait de la permission à l’époque Jean-Paul II-Ratzinger n’ayant d’ailleurs pas changé grand-chose sur le terrain.
Bref, rien n’est définitif. Le cardinal Parolin, Secrétaire d’État, n’a-t-il pas déclaré à Civiltà Cattolica le 13 mars 2023 : « Le Chemin synodal prend des décisions qui ne correspondent pas exactement à ce qu’est actuellement la doctrine de l’Église » ? « Pas exactement » orthodoxe, sans plus, et en tout cas « actuellement »…
L’homélie prononcée par des laïcs n’est pas, il est vrai, le plus grave désordre aujourd’hui. Mais on voit comment tel élément de la liturgie constitue une variable d’ajustement, suffisamment élastique pour préserver des points de doctrine plus importants.
La liturgie serait ajustable, mais pas l’orthodoxie ? Est-ce bien sûr ? Le pape lui-même, le 30 juillet 2025, disait à la journaliste Elise Allen : « Les gens veulent que la doctrine de l’Église change ; ils veulent que les mentalités changent. Je pense que nous devons changer les mentalités avant même de penser à changer la position de l’Église sur une question donnée. Il me semble très peu probable, surtout dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église change quant à son enseignement sur la sexualité et le mariage » (Voir Renaissance catholique, « Quo vadis Domine ? », 16 juillet 2026). Il est « très peu probable » que la doctrine de l’Église sur le mariage change « dans un avenir proche »…

Le pape actuel continue la destruction de la foi catholique à la suite de Vatican II.
Toute la catéchèse de Léon XIV est consacrée aux bienfaits de Vatican II qui est le 5ème évangile.
Quel aveuglement quand on voit l’apostasie générale.
« Il me semble très peu probable, surtout dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église change quant à son enseignement sur la sexualité et le mariage » » Cette phrase de Léon XIV est une preuve supplémentaire que ce pape est moderniste. Elle signifie que la doctrine de l’Eglise peut changer.
C’est la « tradition vivante » c’est à dire le dogme évolutif.
On est dans l’hérésie totale : ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui et ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera plus demain.
Oui l’état de nécessité est plus manifeste que jamais pour garder la vraie foi catholique.
Bonjour et merci pour ceci :
https://catholix.fr/tag/crise-de-leglise/
Je vous suggère de ne plus employer la notion de « crise de l’Eglise », mais de recourir à celle de « mutation de l’Eglise », parce que, comme vous le savez, quand on en arrive à ce que sept papes consécutifs en bientôt soixante-dix ans, en comptant Jean-Paul Ier, souscrivent tous, peu ou prou, à l’humanisme panchristique et à l’irénisme utopiste auxquels nous avons droit, encore plus depuis François que depuis Jean XXIII, c’est que l’on n’est plus en présence d’une crise, avec un espoir réel et sérieux de retour à un état normal, à l’issue de cette crise, mais en présence d’une mutation contre nature, aux origines profondes et aux conséquences durables, et en présence d’une poursuite, pastoralement et synodalement correcte, de l’imposition de cette mutation à l’Eglise et aux fidèles.
Cette mutation a commencé à peu près quarante ans avant l’ouverture du Concile par Jean XXIII, dès le début de l’avant-Concile des philosophes et des théologiens, en d’autres termes dès le début des années 1920 et du pontificat de Pie XI, et continue plus de soixante ans après l’ouverture de l’après-Concile par Paul VI.
Cette mutation est d’autant moins une crise que l’écoulement du temps et le remplacement des générations ayant produit ce qu’ils ont causé, nous sommes aujourd’hui en présence de prêtres, d’évêques, de cardinaux et même de papes qui n’ont jamais connu autre chose que le processus qui est à l’oeuvre, ce processus étant caractérisé par une exculturation pathologique ad intra et par une pathologie de l’inculturation ad extra qui sont l’une et l’autre quasiment sans précédents dans l’histoire de l’Eglise catholique.
Je vous remercie pour votre prise en compte éventuelle de ce qui précède et vous souhaite une bonne continuation, dans la résistance face à cette mutation, porteuse de régression mimétique ad extra et de subversion liturgique ad intra.