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Église en France

A l’école de la synodalité avec la communauté Saint-Martin et l’UCO

Par Rédaction de Catholix — 4 septembre 2026

Alors que personne n’arrive vraiment à définir la synodalité et ce qu’elle change dans l’Eglise – à part ressortir les marottes des années 1970 – la communauté Saint Martin et l’UCO ont bien vite appris d’où soufflait le vent (hiérarchique tout au moins) et se sont associées à l’Institut catholique de Paris et l’Université catholique de Lyon pour lancer un obscur certificat universitaire  »Ecole de la synodalité ».

Du reste, l’entre-soi est bien sauvegardé – à l’opposé des objectifs affichés de la synodalité : impossible pour un fidèle de suivre la formation s’il n’est envoyé et coopté par sa paroisse ou son mouvement : « la formation est dédiée à des équipes en mission (à partir de 3 personnes) envoyées par une autorité ecclésiale : diocèses, paroisses, communautés religieuses, mouvements et associations… »

La présentation vaut son pesant de burettes et calices en grès :

OBJECTIFS

  • Vivre une expérience ecclésiale forte, avec des équipes de tous horizons, pour renouveler ses pratiques et créer un réseau.
  • Ancrer la mission dans des fondements théologiques et spirituels solides, enseignés par diverses institutions universitaires de théologie françaises.
  • Grandir spirituellement et humainement, nourrir l’élan missionnaire, en étant accompagné(e) par des tuteurs expérimentés en pastorale et dans les processus synodaux.
  • S’approprier des outils concrets, (conversation dans l’Esprit, discernement communautaire…) et déployer une initiative synodale au fil de la formation.

PÉDAGOGIE

  • Des enseignements théologiques et spirituels de niveau universitaire (théologie, ecclésiologie, théologie de l’Esprit Saint…).
  • Des ateliers pour des relectures de pratiques et temps d’échange entre les différentes équipes.
  • Des ateliers personnalisés, pour chaque équipe, encadrés par un tuteur sur la mise en œuvre d’un projet pastoral opérationnel.

PRÉREQUIS

Ce parcours s’adresse à des équipes engagées sur le terrain, sans prérequis universitaire et dont la démarche de formation a été validée et encouragée par le service, la paroisse, la communauté ou le mouvement dont elles dépendent.

Les équipes doivent venir avec une problématique ou initiative pastorale à mettre en œuvre tout au long du parcours de formation.

COMPÉTENCES ACQUISES

  • Appréhender les fondements théologiques de la synodalité pour les articuler aux enjeux pastoraux
  • Maîtriser les outils clés de la conduite de projet dans une démarche synodale
  • Animer des processus de discernement communautaire en utilisant les outils des processus synodaux
  • Identifier les leviers et les freins à la conversion synodale au sein d’une équipe ou d’une communauté
  • Piloter le déploiement opérationnel d’une initiative pastorale locale
  • Mettre en œuvre des méthodes de relecture de pratique pour ajuster les actions pastorales en fonction des retours du terrain
  • Mobiliser un réseau d’acteurs et de ressources pour encourager durablement la dynamique synodale localement
  • Évaluer l’impact d’une démarche synodale à travers des indicateurs qualitatifs de transformation ecclésiale

DÉBOUCHÉS

  • Au sein des instances de gouvernance ecclésiale, pilotage ou accompagnement au pilotage, de conseils diocésains ou de congrégations, en particulier pour la conduite de projets complexes nécessitant des processus de discernement communautaire
  • Dans des structures de solidarité, management d’équipes pluridisciplinaires (clercs, laïcs, salariés, bénévoles) et animation de processus de décision partagée, notamment lors de phases de restructuration ou de changement de projet éducatif/social
  • Au sein d’équipes ecclésiales, assistance à la conception et au déploiement d’initiatives de « conversion synodale » à l’échelle d’un territoire ou d’une communauté
  • Dans le monde associatif confessionnel et les mouvements de jeunesse, conception et direction d’actions participatives innovantes, garantissant l’implication réelle des parties prenantes dans les processus de discernement et la mise en œuvre de projets à fort impact social ou spirituel

10 commentaires

  1. TD
    4 septembre 2026 à 8h16

    Et on nous dit que la communauté St Martin est une communauté « conservatrice ».
    Maintenant ils sont ralliés à la synodalité.
    En réalité la communauté St Martin est surtout une girouette qui tourne à tous les vents.
    J’espère au mois que les catholiques conservateurs qui se laissent abuser par la communauté St Martin ouvriront les yeux.

  2. Joël
    4 septembre 2026 à 20h54

    L’inerable René Poujol, ancien directeur du magazine le pèlerin ( qui en privé recconait ne pas croire en la Présence Réelle), a bien donné une conférence sur la synodalite dans une paroisse tenue par la csm dans le diocèse de Châlons !

  3. Marek
    4 septembre 2026 à 21h09

    Je note que MMgrs Aillet et Eychenne, qui ont pris fait et cause contre la FSSPX après les sacres du 1er juillet dernier, ont tous deux été ordonnés prêtres à Gênes le 3 juillet 1982 par le cardinal Siri pour le compte de la Communauté Saint Martin. Je pense que se sentant menacés ils donnent des gages de fidélité à Rome. Au moins pour l’un des deux.

  4. TD
    5 septembre 2026 à 9h29

    M Marek vous avez entièrement raison Les catholiques conservateurs sont très menacés. Les révolutionnaires qui dirigent l’ Église veulent les supprimer. Le cas du cardinal Siri décédé en 1989 est très triste car au concile il était fermement pour la Tradition et soutenait le Coetus Internationals Patrum. Après le concile tout en restant conservateur il se soumit aux réformes au nom d’une fausse conception de l’obéissance.

  5. JR
    5 septembre 2026 à 14h57

    La communauté Saint-Martin a bien changée malheureusement et elle est très loin des fondations posées par l’Abbé GUERIN et des premiers prêtres qui pour certains, ont même laissé tomber la soutane, la critique ouvertement tout en interdisant de la porter dans leur diocèse (Mgr EYCHENNE à Grenoble).
    Très méfiante vis-à-vis des évêques de France auparavant, la communauté Saint-Martin veut se synodaliser aujourd’hui et ainsi lisser son image pseudo conservatrice, car elle ne l’est plus depuis un bon moment.
    Et oui…le latin a plus ou moins été abandonné dans certaines paroisses de France en lieu et place de célébrations très loin de celles qu’elle célébrait au début…
    Je pense qu’elle emprunte le mauvais chemin et que grand nombre de ses membres vont quitter le navire comme beaucoup l’ont déjà fait malheureusement.
    Quelle tristesse.

  6. JR
    5 septembre 2026 à 15h15

    NB: les évêques de France étaient et sont encore pour certains méfiants vis-à-vis de la communauté Saint-Martin.

  7. TD
    5 septembre 2026 à 15h46

    La communauté St Martin a commis une grave erreur dès le départ en acceptant la nouvelle messe. Mais on peut donner tous les gages possible à la révolution, la révolution en veut toujours davantage. La communauté St Martin reste suspecte aux yeux des évêques de France. C’est l’engrenage et maintenant pour séduire les évêques la communauté St Martin s’aligne sur la synodalité Jusqu’où ira la dégringolade ? Clémenceau disait que la révolution française était un bloc. C’est la même chose avec Vatican II. Vatican II est un bloc et on ne peut pas en accepter certaines parties en en refusant d’autres. Il y a eu 1789 et maintenant nous en sommes à 1793 avec le pape François et son successeur.

  8. Joël
    7 septembre 2026 à 0h43

    @ Marek : Mgr Aillet et Mgr Eychenne sont pourtant très différent.
    Le second est une chife molle, un arriviste qui a quitté brutalement la csm et se moquait de ses confrères orleanais qui portaient la soutane.

  9. Marek
    7 septembre 2026 à 9h16

    @ Joël : oui vous avez certainement raison. Eychenne connais pas. Aillet a confirmé un de mes proches. On peut discuter avec lui. Mais son ostracisme anti FSSPX est de mauvais aloi. Aurait-il la pétoche de se faire débarquer comme son ex-protecteur Mgr Rey ?

  10. Benoît YZERN
    9 septembre 2026 à 6h53

    Il est possible de voir dans toute cette affaire, à savoir la synodalisation des structures mentales au sein de l’Eglise catholique, le complément et le parachèvement de la pastoralisation des structures mentales qui s’est produite en amont, au moment puis en aval du concile Vatican II.

    Il y a un autre moyen de dire la même chose : avec le concile Vatican II, nous avons eu droit à un « événement liturgique », sous couvert de retour aux sources, bibliques et patristiques, tandis qu’avec le processus synodal, nous avons droit à un événement managérial, qui recourt à un regard et à un discours à caractère managérial porteur d’une culture hétérogène par rapport à la « culture de gouvernement » antérieure de l’Eglise catholique.

    En tout cas, il suffit de lire attentivement ce que l’on a sous les yeux pour bien prendre la mesure de la novlangue managériale qui est à l’oeuvre, au sein de la présentation de cette « école de la synodalité » :

     » Débouchés

    Au sein des instances de gouvernance ecclésiale, pilotage ou accompagnement au pilotage, de conseils diocésains ou de congrégations, en particulier pour la conduite de projets complexes nécessitant des processus de discernement communautaire

    Dans des structures de solidarité, management d’équipes pluridisciplinaires (clercs, laïcs, salariés, bénévoles) et animation de processus de décision partagée, notamment lors de phases de restructuration ou de changement de projet éducatif/social

    Au sein d’équipes ecclésiales, assistance à la conception et au déploiement d’initiatives de « conversion synodale » à l’échelle d’un territoire ou d’une communauté

    Dans le monde associatif confessionnel et les mouvements de jeunesse, conception et direction d’actions participatives innovantes, garantissant l’implication réelle des parties prenantes dans les processus de discernement et la mise en œuvre de projets à fort impact social ou spirituel. »

    Le risque est que l’on soit en présence d’une approche à la fois artificielle et sentimentale, ou d’une démarche dont la compréhension de la signification et de la téléologie est réservée à des initiés, ou encore d’une perestroïka synodale idéaliste dépourvue de glasnost ecclésiale réaliste sur les origines, les composantes et les conséquences du passage de l’échec du Concile à la faillite, ici ou là, de l’après-Concile.

    Et c’est ici qu’il est possible de voir l’un des objectifs, probable, des synodalistes : non seulement il faut continuer à aller de l’avant, ou continuer à alimenter la dynamique de contournement des fondamentaux du catholicisme et de dépassement des enseignements de l’Eglise qui est à l’oeuvre depuis avant Vatican II, mais en outre il faut continuer à faire diversion, à faire en sorte que les fidèles n’aient pas la possibilité, ou la présence d’esprit, de demander un bilan qui, s’il était objectif, ne pourrait être que critique, sur le Concile et l’après-Concile.

    Le plus grand danger, c’est à la fois la dissolution de la réflexion personnelle ou de la responsabilité individuelle au sein de dynamiques de groupes, et la subordination de chacun et de tous à une espèce de centralisme à la fois « démocratique », en ce qu’il est indirectement inspiré par la théologie du peuple, et « pneumatocratique », en ce qu’il est officiellement inspiré par l’Esprit Saint lui-même.

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