Un témoignage, tel qu’il circule sur les réseaux sociaux :
« Témoignage personnel – messe de ce jour :
Aujourd’hui, faute de messe traditionnelle raisonnablement proche, j’ai assisté à une messe conciliaire.
Et quel contraste.
Des laïcs distribuent la Sainte Eucharistie, dont une femme âgée. Le prêtre, lui-même âgé, reste très souvent assis. À la consécration, aucune génuflexion du célébrant après l’élévation de l’Hostie ni après celle du Calice. La seule génuflexion que je l’ai vu faire fut devant le tabernacle lorsqu’il alla chercher les hosties.
Les chants ? Décousus. On se lance, on s’arrête, on reprend. Des mélodies d’une simplicité presque infantilisante, sans fil conducteur, sans cette progression et cette majesté qui, dans la liturgie traditionnelle, conduisent peu à peu l’âme vers le mystère du Sacrifice.
Puis vient l’homélie.
On nous parle du chrétien « missionnaire sans frontières », des vertus que les autres religions pourraient nous enseigner, avec l’exemple des musulmans priant cinq fois par jour. Il faudrait « chercher ce qui nous unit sans nier ce qui nous distingue », être chrétien « sans mépris » et « sans fermeture ».
Et, au milieu de ce vocabulaire terriblement contemporain, une vérité catholique apparaît tout de même : les adeptes des autres religions doivent être regardés comme des frères potentiels, susceptibles d’être convertis au Christ.
Voilà justement toute l’étrangeté : des vérités catholiques imbriquées dans un discours qui prend continuellement les accents du progressisme religieux contemporain.
Même tonalité dans les intentions : que le Seigneur fasse de chaque chrétien un « missionnaire sans frontières » et permette à tous de vivre librement leur foi, quelle que soit leur religion.
Mais la mission catholique n’est pas simplement de rechercher ce que les religions auraient en commun.
Notre-Seigneur a dit : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les… »
À force de dialogue, d’ouverture, de liberté religieuse et de recherche de ce que les autres croyances peuvent nous apporter, où est passée l’urgence de leur annoncer que Jésus-Christ est la Voie, la Vérité et la Vie ?
C’est précisément le drame que dénonçait Mgr Lefebvre : le passage d’une Église qui se savait chargée de convertir le monde à une Église qui semble parfois surtout préoccupée de ne plus heurter le monde.
Et soudain, une impression presque dérangeante m’a traversée.
Comme si les concepteurs de cette nouvelle liturgie avaient déjà imaginé l’Église de demain : une assemblée essentiellement vieillissante, avec un prêtre vieillissant lui aussi, et une religion adaptée d’avance à leur déclin physique.
Plus besoin de s’agenouiller.
Le prêtre lui-même reste fréquemment assis.
Des laïcs viennent l’assister jusque dans la distribution de la Sainte Eucharistie.
Des chants extrêmement simplifiés.
Et, parallèlement, un discours consensuel, rassurant, où l’on dialogue, où l’on s’ouvre, où l’on cherche ce qui rassemble et où surtout personne ne doit se sentir heurté.
Une religion qui semble ne plus vouloir demander beaucoup au corps… ni beaucoup à l’intelligence.
C’est cela qui m’a frappée : comme si l’on avait fabriqué une liturgie pour un catholicisme dont on aurait déjà accepté le vieillissement et l’effacement.
Alors que la Tradition fait exactement l’inverse.
Elle fait mettre à genoux le jeune comme le vieux lorsqu’il le peut.
Elle impose le silence.
Elle demande l’effort.
Elle élève l’intelligence par une liturgie qui nous dépasse.
Elle rappelle au prêtre comme au fidèle que ce n’est pas la liturgie qui doit s’adapter à notre faiblesse : c’est nous qui venons nous incliner devant Dieu.
Je suis sortie avec cette pensée :
on mesure parfois mieux la révolution liturgique en assistant une fois à la nouvelle messe qu’en lisant cent livres sur Vatican II.
Dans la Tradition, tout semble dire :
« Dieu est là. Adorez-Le. Convertissez-vous. »
Aujourd’hui, j’ai trop souvent entendu autre chose :
« Dialoguons. Cherchons ce qui nous rassemble. Ne nous fermons surtout pas. »
Deux sensibilités ?
Ou deux conceptions radicalement différentes de la mission de l’Église ?


Cette dame a de la chance, le prêtre n’a pas exclu la possibilité de conversion au Christ. Peut-on en vouloir au prêtre d’être vieux ? Dans mes contrées du Maine où il m’arrive en été de pareilles aventures, ils sont tous vieux, sauf les africains, sympathiques mais déphasés. Les chants des modernistes sont effectivement débiles, et ânonnés par des fouetteuses de mayonnaise, mais ils se refusent au grégorien autant que de fléchir le genou devant le Bon Dieu. Flectamus genua.
« Même une femme âgée » pour distribuer la communion. Quelle remarque sexiste, machiste, rétrograde, humiliante, cléricaliste, honteuse, dégradante ! Alors que c’est une femme qui a donné un corps au Christ, une femme aujourd’hui n’aurait pas la dignité de donner le corps du Christ à ses frères et soeurs … alors que le prêtre qui célèbre selon les normes de l’Eglise n’a pas la santé pour rester debout !
@ Gratien : il est bien précisé que seul un prêtre peut distribuer la communion. Donc pas un laïc, homme ou femme, de tout âge. Dans le cas présent, c’était une femme, âgée, et c’est purement factuel. A Pontmain le 15 août c’était une troupe de femmes âgées qui distribuait la communion, avec l’aval de l’évêque de Laval. Cela est contraire aux normes de l’Eglise, encore aujourd’hui je suppose. Il n’est pas dit que le prêtre âgé ne tient pas debout pour raison de santé. Il est patent que c’est une coutume moderne pour le prêtre de rester assis pendant que les autres font le boulot à sa place. Cela dit j’apprécie votre remarque sur la TSV Marie qui a donné son corps au Christ. Corps au Christ et Corps du Christ, voilà deux notions distinctes et complémentaires qui méritent d’être étudiées par des théologiens ad hoc. C’est intéressant. Merci à vous.
M Gratien une fois de plus vous montrez que vous méprisez ce qu’il y a de plus sacré. La Communion dans la main est un sacrilège abominable. Le fait que des laïcs homme ou femme distribuent la communion est aussi une abominable profanation du Saint Sacrement. Les photos que l’on voit sont suffisantes pour voir la différence entre la nouvelle messe et la messe de toujours : une messe désacralisée ressemblant à un culte protestant et la vraie messe catholique qui est le renouvellement du Sacrifice du Seigneur.