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Mgr Wintzer : « chérissons nos églises »

Par Rédaction de Catholix — 28 juillet 2026

Sur le site du diocèse de Sens-Auxerre, Mgr Wintzer résume ses visites pastorales – fait peu courant pour un évêque – et louable, et appelle à maintenir les églises de l’Yonne ouvertes. Un choix qui a été aussi fait dans d’autres diocèses français, Cambrai notamment, et qui permet tant à ceux qui veulent de visiter le patrimoine religieux que de maintenir la possibilité d’une rencontre entre les fidèles et Dieu.

Ainsi, Mgr Wintzer a écrit dans la lettre diocésaine de juin un court texte, « Chérissons nos églises » :

Dans quelques semaines, débuteront les vacances d’été, deux mois vécus selon un autre rythme, même si, assurément, personne n’est en vacances pendant deux mois.
Notre département compte quelques sites patrimoniaux et touristiques prestigieux ; juillet et août sont les moments où ils revêtent leurs plus beaux atours et proposent toutes sortes d’animations.
Mais, je voudrais plaider ici pour des lieux plus modestes, non gratifiés d’étoiles sur les guides touristiques ni de panneaux sur les autoroutes : nos églises.
Elles aussi, en cette période – mais aussi à d’autres moments de l’année – sont visitées, ne serait-ce que parce que, en voiture, à vélo, à pied, on passe à proximité et l’on s’y arrête.

Je rêve qu’elles aussi, ces petites églises, des villes, des bourgs et des villages, elles se montrent heureuses d’accueillir ceux qui aimeront y entrer.
N’y a-t-il absolument personne pour ouvrir et fermer leur porte ?
Et puis, si la porte est ouverte, surtout en grand – cela incite à en franchir le seuil, leur intérieur doit être « pomponné ».
Il y a des églises où, lorsqu’on y pénètre, on se demande si elles ont été ouvertes depuis vingt, trente, voire cinquante ans. On y trouve encore des affiches, du denier de l’Eglise, du Secours catholique, etc., qui datent… je n’ose en dire l’année.
Et quand vous voyez des chaises cassées dans un coin…
Mon propos ne vise à culpabiliser personne, mais, ne peut-on, de temps à autre, ne serait-ce qu’une fois par an, avant l’été, pour telle église, mobiliser une petite équipe qui nettoie, range… et jette ?
Je sais que, ici et là, des travaux importants sont à entreprendre par la commune propriétaire ; les choses viendront en leur temps. Mais, dès maintenant, un lieu propre, rangé, c’est un lieu qui est vivant. Mes visites pastorales me font visiter bien des églises ; plusieurs d’entre elles sont ainsi, même dans de très petites communes : c’est donc possible ! J’ai constaté la fierté des habitants, au-delà des seuls paroissiens, pour leur église.”

Et d’enfoncer le clou sur les églises, leurs usages et leur vie dans son résumé de la visite pastorale de Pontigny :

Pour ce qui est des églises, je souligne la pluralité de leur signification :

  • Lieu de culte (pas seulement lorsqu’il y a la messe, pas seulement lorsque le prêtre est présent).
  • Elément du patrimoine.
  • Rôle dans l’histoire et les traditions locales (ici, les « Saint-Vincent »).
  • Elles parlent aux familles qui y ont vécu des événements (baptême, deuil, etc.).
  • Dimension culturelle.

Ceci conduit à avoir un sens ouvert de l’affectation : aujourd’hui comme dans le passé, les églises ont vocation à accueillir d’autres choses que le culte, dans le respect de leur destination première. On peut aussi réfléchir à un usage partagé, à des espaces partagés ; il y a des exemples en France. Sans doute ceci doit-il être réversible.
Cependant chaque lieu est singulier et les choix sont et seront différents selon chaque lieu.
Des maires se sentent un devoir de protéger les églises ; c’est le principal patrimoine de la commune.
Pour cela, il faut
:

  • Assurer un entretien régulier, sinon on va devant des frais immenses.
  • Ouvrir les églises, sécuriser ce qui doit l’être (cf. programme Sésame).

On peut se poser la question : les églises parlent-elles aux jeunes générations ? Auront-elles le même engagement que nous pour les préserver ?
Je réponds oui ; je le lis dans les lettres des catéchumènes :

  • Les églises portent la foi.
  • Leur esthétique parle.
  • Elles sont et symbolisent des repères dans une société éclatée et sans repères.

Les élus sont comme l’évêque, ils doivent faire des choix, et choisir, c’est exclure et décevoir.
Et les évêques sont comme les maires… ils déçoivent car ils n’ont pas les moyens d’honorer toutes les attentes ; les gens demandent des prêtres… il n’y a aucune réserve cachée. 
Nous accueillons des prêtres venus du Sud ; sans les connaître, sans savoir leurs compétences.
Nous les mettons au service des paroisses, or, certains ne sont pas faits pour être des pasteurs, encore moins des curés (de même que parmi les prêtres d’ici).
On envoie des prêtres, mais les insatisfactions apparaissent très vite, chez les paroissiens, chez eux aussi sans doute, même s’ils n’osent pas exprimer clairement leur souffrance.
On peut parler de la diversité des ministères, il le faut, mais… dans l’imaginaire, l’Eglise catholique, c’est l’église, la messe, le prêtre.
J’en reviens à ma question, faut-il couvrir tout le territoire ? Nommer un curé dans chaque paroisse ? Ou bien, tenir compte des charismes et ne tenir comme « lieu d’Eglise », que les quelques endroits où un vrai pasteur, un curé qui a le charisme de ce ministère, peut l’assurer ? Ceci est à mettre en lien avec mon propos inaugural : ce sont les habitants du lieu qui le font vivre au quotidien.

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