Après plusieurs années d’opposition à la Fondation des Monastères et la commissaire apostolique envoyée par Rome gérer la fin de la communauté des bénédictines de Valmont, arrivées en 1994 en provenance de Lisieux, dont les dernières soeurs avaient quitté l’abbaye en 2022, Mgr Brunin a eu gain de cause : l’abbaye ne sera pas vendue, ni au Village de François ni à quelqu’un d’autre, et Rome va reconnaître le lieu comme une fondation pieuse, permettant de continuer l’accueil de groupes diocésains ou de prêtres, en attendant l’arrivée d’une communauté religieuse nouvelle – peut-être d’autres bénédictins ou une communauté nouvelle. L’abbaye se trouve 11 km à l’est de Fécamp.
Atteint par la limite d’âge en janvier dernier, Mgr Brunin avait remis sa démission au Pape, mais reste en place dans son diocèse en attendant la nomination de son successeur. En juin 2026 il a été nommé délégué pontifical adjoint de la branche féminine (laïque) de Notre-Dame de Vie (Vénasque), qui avait connu une visite apostolique en 2021 suite à de nombreux témoignages de dérives spirituelles, d’emprise et de problèmes de gouvernance. Rome avait demandé en 2024 une série de réformes qui peinent à se concrétiser.
En 2025 Mgr Brunin expliquait les causes de la querelle dans Tendance Ouest : « cette histoire remonte à 2022. Les sœurs étaient trop vieilles et la communauté a été dissoute. Quatre sœurs ont été placées en Ehpad (à Caen, Le Havre et Lille) et une cinquième, plus jeune, est partie dans un monastère en Suisse. Les finances du diocèse ne permettaient pas d’assumer l’entretien des lieux. J’ai donc demandé à Rome de nommer une commissaire apostolique pour gérer la fin de la communauté. Dans les réserves financières, il y avait des parts de SCI pour des appartements à Lisieux et environ 5 millions d’euros. »
Mais la commissaire apostolique a souhaité vendre, pour y créer un Village de François. Mgr Brunin, qui s’est occupé en 2021-24 des dérives sectaires dans l’Eglise de France pour la CEF, s’y est opposé : « j’ai mené des recherches. Le Village de François est déjà implanté sur le diocèse de Toulouse mais elle refuse un statut canonique. Il n’y a rien de pastoral. De plus, la directrice a démissionné en alertant la cellule de lutte contre les dérives sectaires, dont j’étais le président. Le concept est bien mais la mise en œuvre est plus que problématique.«
Il avait proposé un projet alternatif qui « consiste à créer une fondation (avec les 5 millions d’euros de la communauté) qui prendrait en charge l’espace de l’abbaye, l’entretiendrait pour que le site reste un lieu ecclésiastique dans la perspective d’accueillir une nouvelle communauté monastique. « Le père Abbé de Saint-Wandrille, qui suit quelques communautés bénédictines, me dit que dans 3 à 4 ans il pourrait y avoir une communauté. C’est un projet qui tient la route. On attend la décision de Rome. La vente ne peut pas se faire sans l’accord de l’Evêque mais je ne suis pas pour autant en guerre avec le Vatican.«


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