Lu dans la lettre des Veilleurs de Paris :
Traditionis custodes ne sera pas remis en question et l’on n’en reviendra pas à Summorum Pontificum. La guerre contre la liturgie traditionnelle se poursuivra donc. La tribune caricaturale de l’évêque de Grenoble dans la Croix nous l’indique. Mais aussi, il faut bien le dire, indirectement, la défense complètement décalée qu’a faite le pape de la réforme dans sa catéchèse du 26 août et dont je parlais la semaine dernière.
Mais cela ne changera rien à l’avancée inexorable du ritus antiquior, remarquable en certains endroits, comme aux États-Unis. Elle continuera pour un certain nombre de raisons, dont une, évidente : les troupes du catholicisme réformé s’amenuisent irrémédiablement.
Les troupes et les caisses, a-t-on envie de dire, en France, mais aussi à Rome, où l’on fait argent de tout, par exemple en transformant l’antique maison sacerdotale de la via della Scrofa en hôtel de luxe. Cette pénurie d’argent n’est cependant pas vérifiable partout. Par exemple en Allemagne, où la foi s’en va, les fidèles aussi, mais où l’argent rentre toujours.
Sur les hérésies tranquilles du Chemin synodal, que soutiennent la plupart des évêques, point n’est besoins d’épiloguer. Quant à la perte des fidèles : en 2025, 307.117 catholiques ont demandé leur radiation des registres ecclésiastiques afin de ne plus acquitter la Kirchensteuer, le bien connu impôt ecclésiastique allemand. Cette demande de radiation est une sorte d’apostasie fiscale. L’hémorragie ne cesse donc pas. Les églises se vident, les baptêmes diminuent, de même que les mariages, les vocations sacerdotales et religieuses. Mais en même temps, les recettes augmentent : en 2025, la Kirchensteuer a atteint le montant record de 6,751 milliards d’euros, près de 7 milliards (200 millions de plus que l’année précédente).
L’explication ? L’impôt pour l’Église est indexé sur l’impôt sur le revenu. Comme le gouvernement de M. Merz s’emploie à une augmentation des recettes fiscales, lesquelles sont d’ailleurs aidées par l’augmentation des salaires, les diocèses allemands avec près de sept milliards d’euros de recettes annuelles, forment la plus riche Église du monde européen. Qui a cessé d’être catholique dans sa ligne dominante.
Quant à l’Église de France, elle n’a plus de sous et de moins en moins de fidèles. Mgr de Grenoble, dont les humeurs anti-traditionnelles se sont récemment épanchées, était auparavant évêque de Pamiers, l’un des évêchés les plus crottés de France, comme on disait sous l’Ancien Régime. Le diocèse ne recevant plus de dons et legs, Jean-Marc Eychenne avait augmenté au maximum le pourcentage qu’il prenait sur le denier du culte des paroisses : l’évêque aux abois taxait ses curés.
En fait, la charge en personnel ecclésiastique se réduit d’elle-même d’année en année, en raison de la baisse du nombre des prêtres. 84 prêtres ont été ordonnés en 2026 (45 diocésains et 39 religieux ou membres de communautés comme la Communauté Saint-Martin), pour 90 en 2025. Les curés toujours moins nombreux habitent toujours moins de presbytères à entretenir, réduisant du fait même les coûts.
Osera-t-on dire, comme certains pessimistes, que ces prêtres sont encore trop nombreux au regard du nombre des fidèles qu’ils ont à desservir ? Ce serait vrai si les pratiquants étaient rassemblés en des lieux déterminés. Mais les prêtres ont à se déplacer en permanence pour répondre aux besoins de chrétiens éparpillés, et maintenir un semblant de présence dans leurs nombreuses églises.
Les diocèses de province ont tous procédé, on le sait, à des regroupements de paroisses, suivis dix ans plus tard d’autres regroupements, en attendant les regroupements de diocèses. Le diocèse d’Arras donne des chiffres : à cette rentrée de septembre 2026, il ne compte plus que 11 paroisses, alors qu’il en comptait 89 auparavant, ce qui était déjà misérable quand on songe au maillage dont ce diocèse du Nord bénéficiait il y a 60 ans.
Ces 11 paroisses seront divisées en 36 « espaces missionnaires ». La messe dominicale ne sera plus célébrée en permanence, à coup sûr, que dans 11 églises, où se concentreront les forces vives de l’« espace missionnaire », c’est-à-dire les paroissiens pieux du lieu et ceux d’ailleurs qui peuvent et veulent se déplacer pour assister tous les dimanches à la messe. Dans les autres églises, la messe sera célébrée selon un « tour », un dimanche sur trois ou sur quatre. Cette configuration est celle de la plupart des diocèses ruraux. La pratique y est toujours plus faible, les jeunes toujours moins nombreux, les prêtres toujours moins visibles.
Et ce sont les responsables de ce catholicisme exténué qui vantent la « merveilleuse fécondité » de la réforme liturgique issue du dernier concile et qui emploient leurs dernières forces et ce qui leur reste d’autorité à juguler les lieux traditionnels qui eux ne désemplissent pas et assurent un renouvellement missionnaire réel, sans parler des vocations. Oui, la guerre contre la liturgie traditionnelle est menée par une armée en déroute. Comme j’aime à le dire – tant pis pour la pointe polémique – nous n’avons pas gagné la guerre, mais « ils » l’on perdu.
Comment le nouvel archevêque de Paris, qu’il soit Mgr Jordy, aujourd’hui archevêque de Tours et vice-président de la CEF ou un autre, dont la nomination sera connue après la visite du pape, traitera-t-il le « problème » du monde traditionnel parisien ? Veilleurs de la capitale, votre prière du chapelet, 10 rue du Cloître-Notre-Dame, du lundi au vendredi, de 13h à 13h 30, à Saint-Georges de La Villette, 114 avenue Simon Bolivar, dans le XIXe, le mercredi et le vendredi à 17h, devant Notre-Dame du Travail, dans le XIVe, le dimanche à 18h 15, à Sainte-Clotilde, dans le VIIe, le lundi à 12h 45, pèse plus que jamais.

Herr Siegmund, vainqueur pour l’AfD des élections de Saxe, propose de supprimer le prélèvement d’impôt pour l’Eglise en Allemagne. Pourtant il est catholique et entend le rester. Je me demande s’il n’a pas raison. Une cure de pauvreté ne ferait pas de mal à ces évêques ripoux.
Ah oui M Marek vous avez entièrement raison L’Eglise en Allemagne est totalement pourrie. C’est l’hérésie et l’apostasie totales. Les évêque allemands ont perdu la foi et bien sûr la Rome moderniste restera inerte. Aucune sanction contre ces évêques hérétiques. Alors effectivement il serait temps de supprimer ces impôts qui arrosent ces évêques diaboliques.